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>>> des services. Toutes ces réformes
devraient lui permettre de rejoindre l’Organisation mondiale du
commerce en fin d’année ou début d’année
prochaine. Le Vietnam en sera le 150ème pays membre. Eirik Glenne,
le président du groupe de travail sur l'accession du Vietnam à
l’OMC, veut parvenir à un accord complet le mois prochain
sur les négociations multilatérales.
La vieille garde du parti communiste n’est plus aux commandes. En
juin dernier, les réformateurs Nguyen Tan Dung et Nguyen Minh Triet
se sont installés aux postes de Premier ministre et de Président
de la République. Originaires du sud du Vietnam, les deux hommes
ont pour mission de poursuivre la privatisation des entreprises et la
dérégulation du marché.
Dans le même temps, les relations avec la plus grande puissance
du monde ont repris. L’an dernier, le Premier ministre Phan Van
Khai s’était rendu aux Etats-Unis, première visite
officielle d’un dirigeant vietnamien depuis 1975 outre Pacifique.
Par ailleurs, le leader mondial des puces informatiques, l’américain
Intel, installe une usine de production dans le sud pour un investissement
à hauteur de 605 millions de dollars.
Le Vietnam change très vite. Les Vietnamiens d’outre mer
qui reviennent au pays s’étonnent des transformations accomplies
en seulement quelques années. Les habitudes alimentaires occidentales
font aussi leur apparition dans les rues de la très vietnamienne
Ha Noi. Le premier fast-food a ouvert fin juin dans la capitale et fait
désormais concurrence aux vendeurs de pho, la savoureuse soupe
traditionnelle.
Malgré cet élan et les progrès notés par le
PNUD, le Programme des Nations Unies pour le développement, en
matière de réduction de la pauvreté, de scolarisation,
d’alphabétisation et d’accès aux soins, les
inégalités sociales, entre les campagnes et les villes,
entre le centre et les zones de développement du nord et du sud,
restent très importantes et ne sont pas au programme des prochaines
réunions de négociations. Pas plus que les questions de
liberté. Initiée en 1986, la politique de réforme
économique du gouvernement vietnamien, ou Doi Moi, est en passe
de recevoir l’agrément de l’OMC alors que le pays reste
sévèrement contrôlé par le parti communiste.
La libéralisation économique du pays a nécessité
des renoncements idéologiques, acceptés parce qu’ils
permettaient au parti de se maintenir au pouvoir. Même secoué
par d’importants scandales de corruption, la stabilité de
l’Etat vietnamien ne semble pas remise en question et le parti reste
tout puissant. C’était bien l’objectif...
Jérôme
Boruszewski et Stephan Orivel
Mise en ligne le 12
septembre 2006
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