La croissance galope à 7% par an depuis
cinq ans. Les dérégulations se succèdent.
Le pays s’est engagé à réduire ses droits
de douane et ses subventions agricoles.
Il a également promis d’ouvrir son marché >>>

 

Vietnam - le capitalisme
au service des communistes


 

 

 

>>> des services. Toutes ces réformes devraient lui permettre de rejoindre l’Organisation mondiale du commerce en fin d’année ou début d’année prochaine. Le Vietnam en sera le 150ème pays membre. Eirik Glenne, le président du groupe de travail sur l'accession du Vietnam à l’OMC, veut parvenir à un accord complet le mois prochain sur les négociations multilatérales.
La vieille garde du parti communiste n’est plus aux commandes. En juin dernier, les réformateurs Nguyen Tan Dung et Nguyen Minh Triet se sont installés aux postes de Premier ministre et de Président de la République. Originaires du sud du Vietnam, les deux hommes ont pour mission de poursuivre la privatisation des entreprises et la dérégulation du marché.
Dans le même temps, les relations avec la plus grande puissance du monde ont repris. L’an dernier, le Premier ministre Phan Van Khai s’était rendu aux Etats-Unis, première visite officielle d’un dirigeant vietnamien depuis 1975 outre Pacifique. Par ailleurs, le leader mondial des puces informatiques, l’américain Intel, installe une usine de production dans le sud pour un investissement à hauteur de 605 millions de dollars.
Le Vietnam change très vite. Les Vietnamiens d’outre mer qui reviennent au pays s’étonnent des transformations accomplies en seulement quelques années. Les habitudes alimentaires occidentales font aussi leur apparition dans les rues de la très vietnamienne Ha Noi. Le premier fast-food a ouvert fin juin dans la capitale et fait désormais concurrence aux vendeurs de pho, la savoureuse soupe traditionnelle.
Malgré cet élan et les progrès notés par le PNUD, le Programme des Nations Unies pour le développement, en matière de réduction de la pauvreté, de scolarisation, d’alphabétisation et d’accès aux soins, les inégalités sociales, entre les campagnes et les villes, entre le centre et les zones de développement du nord et du sud, restent très importantes et ne sont pas au programme des prochaines réunions de négociations. Pas plus que les questions de liberté. Initiée en 1986, la politique de réforme économique du gouvernement vietnamien, ou Doi Moi, est en passe de recevoir l’agrément de l’OMC alors que le pays reste sévèrement contrôlé par le parti communiste. La libéralisation économique du pays a nécessité des renoncements idéologiques, acceptés parce qu’ils permettaient au parti de se maintenir au pouvoir. Même secoué par d’importants scandales de corruption, la stabilité de l’Etat vietnamien ne semble pas remise en question et le parti reste tout puissant. C’était bien l’objectif...

Jérôme Boruszewski et Stephan Orivel
Mise en ligne le 12 septembre 2006

 

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