La région de Pailin, au nord-ouest du Cambodge, a été un terrain de guerre jusqu’à la fin des années 90. Les souvenirs des combats y sont encore présents. Les traumatismes aussi. Des patients, qui souffrent de troubles psychologiques, consultent à l’hôpital de Pailin.

 

Traces psychologiques

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Traces psychologiques
Le traumatisme de la guerre est encore présent. Reportage à l'hôpital de Pailin où des patients consultent pour des troubles psychologiques.

 

Khe Sokhom est médecin généraliste à l’hôpital de Pailin. Il a suivi une formation de trois mois, à Phnom Penh, en santé mentale. C’est lui, avec ses modestes moyens, qui s’occupe des patients souffrant de troubles psychologiques. « En moyenne, j’ai deux à trois consultations de ce type par mois. Les gens des environs savent qu’ils peuvent venir se faire soigner à l’hôpital de Pailin, s’ils ont des problèmes psychologiques, si les souvenirs de la guerre leur sont difficiles à supporter. Ils viennent donc facilement consulter. »
Le plus souvent, le médecin rencontre des dépressifs. Des gens à la mine triste, qui ont des maux de tête, parfois des pertes de mémoire, des envies de suicide. Des patients consultent aussi pour des troubles post-traumatiques. Des images du passé leur reviennent sans cesse. Ils perdent parfois l’appétit. Enfin, quelques cas de schizophrénie. Là, les patients délirent, pensent que la police vient les arrêter, que les militaires vont les fusiller. Certains racontent qu’ils voient des animaux, qu’ils se font mordre. D’autres entendent sans arrêt des voix chuchoter à leur oreille.
En consultation, Khe Sokhom ne pose pas de questions personnelles sur le passé de ses patients. « Ca peut gêner. » Ils n’évoquent d’ailleurs jamais, d’eux-mêmes, les actes qu’ils auraient pu commettre du temps des Khmers rouges. Par honte ? « Je ne sais pas. Mais jamais un patient ne m’a dit qu’il avait tué pendant la guerre par exemple. »
Si le malade en éprouve le besoin, Khe Sokhom le laisse raconter ses souvenirs et les images du passé qui le hantent. « Ca peut soulager. Je leur conseille de rester calme, de bien respirer ». Il prescrit des antidépresseurs et des calmants. Mais il lui arrive régulièrement de manquer de médicaments. « Je n’ai pas d’ordinateurs. J’ai juste une table et quelques chaises. Et encore, quelquefois, ma salle de travail est occupée par d’autres médecins ! »

Jérôme Boruszewski
Mise en ligne le 29 mars 2006

 


Khe Sokhom, devant l'hôpital de Pailin

 


L'hôpital de Pailin

 

 

 

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